Nicolas Poussin

Nicolas Poussin : le 8 décembre 2015, une journée pour mieux connaître le peintre andelysien et les trésors artistiques de la ville

A l’initiative de l’ Association des Amis des Sites Andelysiens et avec le concours de la Ville des Andelys, une journée de découvertes et de réflexion a été organisée le 8 décembre 2015 d’abord au Musée Nicolas Poussin puis à la Mairie et dans les deux églises de la ville, la Collégiale Notre Dame et Saint-Sauveur. La journée s’inscrivait dans le cadre des manifestations prévues pour marquer le 350è anniversaire de la mort du grand maître de la peinture classique. Deux conférenciers de haut niveau se sont succédé au profit d’une centaine de participants avant qu’ils se déplacent pour admirer les tableaux de quatre grands maîtres de la peinture : Nicolas Poussin, Quentin Varin, Jacques Stella et Gian-Antonio Guardi.

Conviés d’abord au Musée Nicolas Poussin pour admirer le nouvel éclairage -grâce au Crédit Agricole- du « Coriolan supplié par sa famille », peint par Poussin vers 1652 et propriété de la Ville, les participants à cette journée ont ensuite pu suivre les conférences prévues dans la grande salle de la Mairie. Gérard Lerate pour la Ville et François Bonnet pour les Amis des Sites Andelysiens ont rappelé l’importance de Poussin pour les Andelys

Le public salle des mariages
Gérard Lerate, François Bonnet, devant le Coriolan
Françoise Baron-Miséroux

Françoise Baron-Miseroux, responsable du Musée Nicolas Poussin, a tenu en suite à rappeler la carrière du peintre né au hameau de Villers, très proche des Andelys, en juin 1594. Etudes classiques à Rouen puis rencontre, à l’adolescence, du peintre Quentin Varin venu aux Andelys peindre des toiles pour la Collégiale. C’est Varin qui le pousse à peindre et qui le conseille. Poussin poursuivra sa formation à Paris dans différents ateliers avant de partir pour Rome où il peindra l’essentiel de son oeuvre.

Pour sa part, Mickaël Szanto, Maître de conférences à l’Université Paris Sorbonne a brillamment situé l’oeuvre de Poussin dans l’histoire de la peinture française. Grand maître du Classicisme, trouvant son inspiration dans les textes des grands penseurs grecs et latins, Poussin était également animé par sa foi catholique. Toute son oeuvre est marquée par ces influences, Poussin s’interrogeant sur le Destin, le Sort, qui fait basculer une situation vers le meilleur ou le pire. Et de mettre en scène – notamment dans le Coriolan – la Déesse Fortuna.

Mickaël Szanto

Ce fut ensuite la présentation par Sylvie Leprince, Conservateur régional auprès de la DRAC de Haute-Normandie, des toiles de maîtres visibles aux Andelys : celles de Quentin Varin (trois sont à la Collégiale Notre Dame), de Jacques Stella, auxquelles il faut ajouter une copie de La Cène de Nicolas Poussin et un tableau de Gian-Antonio Guardi revenu récemment dans cette église grâce à l’Association des Amis des Sites Andelysiens et à la DRAC de Haute Normandie.

Sylvie Leprince

Après un buffet à la Mairie, les participants ont été conviés à une visite commentée des toiles de la Collégiale, visite précédée d’une présentation du bel orgue signé Cavaillé-Coll dont le système de fonctionnement nécessite une restauration coûteuse. Un appel au mécénat est lancé à cette occasion (https://www.fondation-patrimoine.org/fr/haute-normandie-11/tous-les-projets-550/detail-grand-orgue-de-la-collegiale-notre-dame-des-andelys-36174) Le buffet date de 1573 et Fabien Desseaux, doctorant en musicologie et titulaire des orgues andelysiennes, en a souligné la richesse, estimant que Poussin n’a sans doute pas manqué de l’admirer.

Les trois tableaux de Quentin Varin ont ensuite été présentés par Sylvie Leprince : L’Assomption, le Martyre de Saint Vincent et le Martyre de Saint Clair. Trois œuvres majeures du peintre né à Beauvais vers 1570, mort à Paris en 1634.

Quentin Varin L’Assomption
Le martyre de Saint Vincent
Le martyre de Saint Clair

Autre toile de grande valeur à la Collégiale Notre Dame : de Jacques Stella,  » Jésus retrouvé au temple par les siens »

Francois Bonnet, pour sa part, à évoqué La Cène, copie d’un tableau de Poussin se trouvant au Musée d’Edimbourg.

Enfin le « Guardi » car attribué à Gian-Antonio Guardi, ce tableau intitulé « Les pèlerins » d’Emmaüs » représente deux apôtres auxquels le Christ apparaît alors qu’ils prennent leur repas, un épisode de l’Evangile selon Saint Luc. Le tableau était accroché dans une chapelle des Andelys aujourd’hui disparue et confié à la Collégiale Notre Dame. Restauré à Versailles, exposé à différentes reprises, il avait été accroché provisoirement à la cathédrale d’Evreux avant de revenir enfin aux Andelys en juin 2015.


Gian-Antonio Guardi, « Les pèlerins » d’Emmaüs »

On voit ici Françoise Miseroux-Baron et Mickaël Szanto commenter ce tableau

Passant ensuite du Grand Andely au Petit Andely, de la Collégiale Notre-Dame à l’église saint-Sauveur, les participants, pour terminer cette belle journée culturelle, ont pu admirer le retable baroque de cette petite église du 13 siècle, construite à la demande de Richard Coeur de Lion.. La peinture principale du motif central, « L’Adoration des bergers », est anonyme mais reprend le thème d’une peinture signée Philippe de Champaigne qui se trouve à la cathédrale de Rouen; Les « grisailles », de mini-tableaux au pied du grand du Petit Andely, sont dues, non plus à Quentin Varin, ce que l’on pensait jusqu’ici, mais plutôt à Claude Vignon; du moins si l’on en croit Mickaël Szanto.

Une bien belle journée qui a permis de mieux connaître les trésors artistiques des Andelys.

Texte et photos : Guy Riboreau

En complément :

L’Association des Amis des Sites Andelysiens a mis en place 4 actions pour le 350ème anniversaire de la mort de Nicolas Poussin :

  • une explication hebdomadaire d’un tableau de Poussin visible en France en collaboration avec le Musée Nicolas Poussin et l’hebdomadaire l’Impartial pendant toute l’année 2015, Mme Françoise Baron-Miseroux se chargeant de la rédaction des textes. Cette action a été très bien faite par les 3 parties notamment la « coordination générale » par Guy Riboreau, de l’association.
  • l’organisation d’un concours dans les écoles primaires auquel ont participé 7 classes de Georges Pompidou, Jean-Pierre Blanchard et Saint Joseph. La secrétaire de l’association, Mme Martine Séguéla, a réalisé 7 fois 1h30 d’explications sur Poussin et les tableaux des 4 Saisons pour les enfants sur son temps libre. L’association récompensera les 2 classes lauréates en affrétant un car pour faire visiter le Louvre et voir « en vrai » les 4 saisons. Nous avons budgété 700€ pour la location du car.
  • Il nous reste à nous réunir pour désigner les lauréats.
  • la réalisation d’une plaquette de 6 pages sur les chefs d’œuvre visibles dans la ville des Andelys en mettant en avant Poussin, Varin, Stella et aussi Gian-Antonio Guardi. Françoise membre de l’association a pris sur ses loisirs le temps de mettre à notre disposition ses connaissances et corriger nos erreurs. M. Gilles Séguéla, professeur d’arts plastiques au Collége Roger Gaudeau et membre de l’association a piloté magistralement ce projet avec l’aide d’Alain Soing, François Terrier et François Bonnet. Tous les textes ont été traduits en anglais par Mme Kate Horne membre des Amis des Sites Andelysiens. Merci à l’imprimerie ICG des Andelys pour la composition de ce document.
  • Jean Besnus, Gilles Séguéla et François Bonnet sont à l’origine de l’idée de réaliser cette journée sur Nicolas Poussin destinée à des personnes très motivées et pouvant être des « prescripteurs ». Idée qui n’a pas (dans un premier temps) soulevé l’enthousiasme du côté de la municipalité. Mais grâce aux efforts de tous, municipalité et Amis des Sites Andelysiens, cette journée du 08 Décembre 2015 peut être considérée comme un grand succès.

Peut-être que cette journée représente les prémices d’un événement que l’on pourrait retrouver à un rythme biennal (par exemple). Un colloque international sur Nicolas Poussin où tous les « poussinistes » du monde pourraient se rencontrer et échanger. Le brillant exposé de Monsieur Mickaël Szanto sur l’importance du maître confirme qu’il faut tout faire pour que cette idée de Françoise Baron-Miseroux devienne une réalité.

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